Publié le 20/07/2026 par Pauline e-commerce securité RGPD performance

Pixels de suivi dans vos emails : le guide simple pour e-commerçants

Pixels de suivi dans les e-mails que faut il faire ? Spécial ecommerce

Ce qu’il faut faire suite à la nouvelle recommandation de la CNIL (mars 2026).

1 – C’est quoi, un pixel de suivi ?

De quoi parle-t-on exactement ?
Quand vous envoyez un email à un client (newsletter, promotion, confirmation de commande…), celui-ci contient une image minuscule et invisible. Dès que le client ouvre l’email, cette image se charge depuis un serveur. C’est grâce à ce mécanisme que l’on sait que le message a bien été distribué, ouvert, et à quelle heure.

Ce pixel de suivi (ou de tracking) sert à plusieurs choses :

  • Vérifier la bonne réception du message : s’assurer que l’email est bien arrivé à destination (on appelle cela la délivrabilité)
  • Mesurer les performances : analyser le taux d’ouverture, le taux de clic sur les liens, le taux de désinscription ou encore le taux de conversion.
  • Personnaliser les communications : adapter le contenu en fonction des intérêts et des habitudes de vos utilisateurs.
  • Faire du reciblage publicitaire.
  • Établir des profils clients pour mieux comprendre les comportements d’achat.

Rien de magique ni de malveillant là-dedans : c’est un outil standard, utilisé par la quasi-totalité des services d’emailing (ShopiMind, Mailchimp, Klaviyo, Brevo, etc.), et il est souvent activé par défaut sans que vous n’ayez à y penser.

2 – Pourquoi la CNIL s’en mêle ?

Le rôle de la CNIL est de veiller à la protection des données personnelles. Face au nombre croissant de signalements et de plaintes du public, qui se montre de plus en plus vigilant sur ces pratiques, elle a dû fixer des limites claires.

Une boîte mail reste un espace privé. Beaucoup d’utilisateurs ignorent encore que l’on peut obtenir un aperçu de leur activité directement depuis leur messagerie personnelle. Comme cela touche à la vie privée, la CNIL estime qu’il est normal d’être informé de façon transparente, et qu’il soit possible d’accepter ou refuser ce suivi.

👉 La CNIL a donc précisé les règles du jeu : certains usages du pixel nécessitent désormais l’accord explicite du client, tandis que d’autres peuvent s’en passer.

3 – Pourquoi ça concerne les e-commerçants ?

  • Vos outils marketing (suivi de commande, taux d’ouverture, scoring, relances automatiques basées sur l’engagement, programme fidélité) reposent presque tous sur ce pixel.
  • Si vous n’êtes pas en règle, vous risquez un contrôle et une sanction CNIL (comme pour les cookies web).

💡 L’emailing marketing peut être un levier de croissance puissant pour votre boutique, comme pour notre client, un acteur du secteur végétal qui a fait de l’emailing son premier canal de revenus. Quand l’emailing fait partie intégrante d’une stratégie business, il doit impérativement s’inscrire dans une démarche de confiance avec le client. Il est donc indispensable de suivre et de respecter les dernières recommandations de la CNIL concernant les pixels de suivi.

Quand pouvez-vous vous passer de l’accord du client ?

Pas besoin de demander de consentement si vos emails servent uniquement au bon fonctionnement de votre boutique. Cela concerne les messages purement informatifs ou fonctionnels, sans aucun contenu promotionnel.

Il s’agit, par exemple :

  • Des confirmations de commande et des factures ;
  • Des notifications d’expédition de colis ;
  • Des courriels de bienvenue ou de création de compte ;
  • Des rappels et réinitialisations de mot de passe ;
  • Des réponses du service client ;
  • Des rappels de rendez-vous ou de réservation.

⚠️ Mais attention : comme la quasi-totalité des outils d’emailing activent le suivi par défaut, vous restez concerné et devez vérifier vos réglages, même pour ces messages purement utilitaires.

Condition indispensable : pour bénéficier de cette dispense d’accord, vous devez vous limiter à enregistrer uniquement la date de la dernière ouverture (sans l’heure précise, ni l’historique de navigation) et n’utiliser cette information pour rien d’autre.

Quand demander l’accord explicite du client (consentement) ?

Dès que vous allez plus loin :

  • L’analyse du taux d’ouverture des courriels pour mesurer et optimiser les performances des campagnes à des fins de délivrabilité
  • Mesurer les performances de vos campagnes marketing (newsletters promo, relances panier abandonné à but commercial) pour optimiser vos envois
  • Construire un profil client (ce qu’il ouvre, ce qui l’intéresse) pour le recibler ailleurs (pub sur les réseaux, sur le web)
  • Détecter des fraudes (ex. inscriptions massives à un jeu-concours)

👉 Dans ces cas, pas de pixel actif tant que le client n’a pas dit oui.

Le point clé à retenir : un même email (ex. une confirmation de commande) peut contenir un pixel exempté ET un pixel qui nécessite un accord, si vous l’utilisez aussi pour du marketing.

La CNIL précise bien que ce n’est pas le type d’email qui compte, c’est ce que vous faites avec l’information récoltée.

4 – Votre plan d’action pour être conforme avec le pixel de suivi dans vos emails

Faites le point sur vos outils

  • Regardez sur votre plateforme quels pixels sont actifs et pour quoi faire ?
  • Classez chaque usage : nécessaire au service ou marketing/profilage.
  • Si un prestataire réutilise vos données pour son propre compte (ex. améliorer son outil), demandez-lui de le préciser dans votre contrat.

Demandez l’accord au bon moment

  • Idéalement, demandez le consentement dès que le client donne son email avec l’ajout d’une case à cocher (à l’inscription, à la newsletter, en caisse, etc.).
  • Si ce n’est pas possible, envoyez un email dédié avec un bouton « j’accepte », mais cet email-là ne doit lui-même contenir aucun pixel soumis à accord.
  • Pour votre base de clients actuels, informez-les sur cette nouveauté et donnez-leur la possibilité de choisir leurs préférences (s’opposer ou accepter).
  • Ne rien présumer : si le client ignore votre demande, c’est un refus, pas un oui tacite.

Facilitez le retrait

  • Ajoutez un lien clair en bas de vos emails permettant de retirer son accord, aussi simple que de l’avoir donné (ce lien doit fonctionner en un clic, sans redemander l’email du client).
  • Vérifiez que le retrait est bien effectif, y compris pour les emails déjà envoyés que le client rouvrirait plus tard.

Gardez une trace

  • Conservez, pour chaque client, la preuve qu’il a bien dit oui (date, contexte, ce à quoi il a consenti)
  • Si un partenaire collecte ce consentement pour vous, demandez-lui de vous transmettre la preuve, car un simple engagement contractuel ne suffit pas en cas de contrôle

Mettez à jour vos écrits

  • Politique de confidentialité / page cookies : mentionnez l’usage des pixels emails, même ceux qui n’ont pas besoin d’accord (c’est une bonne pratique, pas une obligation)

L’échéance de la CNIL est fixée au 14 juillet 2026.

Disclaimer ! ☝️
Cet article ne fait pas office de conseil juridique, mais vous est proposé à titre informatif. Pour en savoir plus, consultez les recommandations officielles de CNIL relatives aux pixels de suivi dans les courriers électroniques.

Vous avez besoin d’aide pour vous mettre en conformité avec les pixels de suivi dans les courriers électroniques ?

Notre équipe vous accompagne pour y voir plus clair et mettre en place tout le nécessaire afin que vous puissiez continuer sereinement à faire de vos emails de véritables leviers de croissance.

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